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Les rencontres régionales : interview d’un organisateur

Entretien avec Joseph d’Onorio de Meo [1] , réalisé par Crystèle Ferjou [2]


Joseph, tu es éducateur en environnement au centre socio-culturel des Chemins Blancs à Niort depuis 1990. Tu as participé et préparé toutes les rencontres régionales proposées par le GRAINE. Si tu avais un moment fort à évoquer, lequel choisirais-tu ?

Les premières rencontres. Nous sortions de la formation BEATEP, Patrice Turcat et moi, et nous avons vu dans le journal que le GRAINE organisait des rencontres d’éducateurs à l’environnement. Aussitôt, nous avons pris contact avec le GRAINE et intégré les premières réunions de conseil d’administration qui portaient déjà sur l’organisation des rencontres. On a pris un train en marche et on s’est retrouvé organisateurs. Je crois que, pour toutes les rencontres, le moment fort c’était la phase d’immersion. Parce que c’était là, en tant qu’organisateur, qu’on pouvait délirer, imaginer et mêler animation nature / théâtre… pour faire découvrir le lieu d’accueil aux participants. Aux rencontres de Melle en 1993, je me suis retrouvé dans un champ habillé en Quasimodo avec derrière moi la décharge. Et j’accueillais ainsi le « public ». Et pour chaque rencontre, nous pouvions aussi être acteurs dans les ateliers, comme les participants. A Angoulême, je me suis retrouvé dans le groupe « c’est beau une ville la nuit », à aller chercher le renard ! Ce sont des moments forts.

-Nous allons revenir en détail sur le contenu des rencontres. Peux-tu nous préciser les éléments clés sur lesquels reposaient les rencontres ? Comment se construisaient-elles ?
On était dans une démarche de pédagogie de projet. Les participants arrivaient, ils découvraient un lieu différent chaque année. Le fait de déplacer les rencontres sur chacun des 4 départements, ça permettait de montrer qu’on était un réseau régional, ça permettait aussi d’aller sur les lieux de structures adhérentes ou proches du GRAINE et qui sont devenues adhérentes après, et d’impliquer ces structures dans l’organisation matérielle et les différentes phases de la pédagogie de projet. La phase d’immersion était importante car ça permettait de se lancer sur une thématique souvent liée au lieu, au territoire. Cette phase était la seule que maîtrisait le groupe d’organisation puisqu’à son issue, les participants proposaient des axes de recherche toujours différents. Après la phase d’immersion, il y avait les ateliers : les ateliers de recherche (liés aux thèmes proposés par les participants après la phase d’immersion) et aussi les ateliers d’échange dans lesquels les participants pouvaient présenter des choses (une animation, un outil ou une expérience). Un autre moment important de ces rencontres, c’était l’organisation d’une table ronde ou la venue d’un conférencier : c’était un temps d’apport important pour pouvoir se nourrir. Ça pouvait enrichir les ateliers de recherche.

-De ton point de vue, que pouvaient apporter ces rencontres aux participants ?
L’échange avec les autres et se rendre compte qu’on est plusieurs à conduire des actions en éducation à l’environnement. C’est la première chose : « je ne suis pas tout seul ». De voir aussi que l’éducation à l’environnement c’est très ouvert, que autour d’un sujet, d’un lieu, il peut y avoir 1000 pistes et quand tu es tout seul tu ne les vois pas forcément. Les ateliers de recherche permettaient ça aussi : les confrontations avec les autres… Je me rappelle de thématiques loufoques que j’ai pu proposées comme « amour et humour en éducation à l’environnement » où nous nous sommes interrogés sur : comment faire passer les messages ?…

-Si tu avais 5 mots pour définir les rencontres régionales, lesquels choisirais-tu ?
Convivialité, expérience, vivre ensemble, remuer ses tripes.

- Aujourd’hui les rencontres régionales n’existent plus. Est-ce un manque pour le GRAINE ? Autre chose d’équivalent les a-t-il remplacées ?

Les ateliers du GRAINE sont importants ; mais ils se déroulent sur une journée et sur une thématique fermée. Ça ne remplace pas l’esprit des rencontres, où c’est justement d’arriver et de ne pas savoir à l’avance où on va aller qui est intéressant. Sur plusieurs jours, il se passe complètement autre chose.

-Si je résume ta pensée, pour toi, les rencontres régionales, c’était à la fois un repère, un point d’ancrage sur l’année et en même temps un espace de liberté d’expression et de bouffée d’air. Un temps de respiration. Elles nourrissaient nos pratiques d’éducateurs à l’environnement.
Oui, c’est bien ça

-Est-ce que tu crois que le principe sur lequel reposaient les rencontres - se donner le temps de 3-4 jours pour se retrouver, échanger, expérimenter... - est-encore possible ?
Je dirais que c’est « re-possible ». Depuis 5-6 ans, il y a des nouvelles structures qui sont nées, avec des gens qui ont 20 ans de moins que nous et qui sont peut-être en demande d’échanges…Je l’ai senti aux 20 ans du GRAINE. Il y a de nouvelles forces, de nouvelles envies.

Notes

[1éducateur en environnement au centre socio-culturel des Chemins Blancs à Niort, administrateur du GRAINE

[2enseignante, administratrice du GRAINE

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